Étude de cas : simulation des performances insuffisantes d'un système


Mar 17, 2026

Un nouveau livre blanc, « Au-delà de la brochure : révéler la réalité de la sous-performance des produits de réfrigération », publié par Eurovent Certification, présente les résultats de recherches récentes fondées sur des tests menés sur des équipements de rejet de chaleur sélectionnés, incluant des produits non certifiés par un organisme tiers au moment des tests. L’étude montre que, dans certains climats, les performances déclarées par les fabricants et les performances mesurées en laboratoire peuvent varier considérablement. En effet, des tests sur des refroidisseurs de gaz CO2 non certifiés ont révélé que la capacité réelle de rejet de chaleur pouvait être jusqu’à 53 % inférieure à celle déclarée dans les régions d’Europe centrale et du Nord et jusqu’à 37 % inférieure à celle déclarée dans les climats chauds.

À partir des données issues de l’étude sur les refroidisseurs à gaz CO2 et des résultats d’une recherche précédente sur la performance des condenseurs à air HFC, Eurovent Certification a utilisé un logiciel de simulation afin d’évaluer l’impact potentiel de composants de rejet de chaleur HFC et CO2 sous-performants sur l’ensemble d’un système de réfrigération de supermarché. Voici les résultats de ces simulations.

Objectifs de l’étude de cas

L’objectif était de :

1) Déterminer l’impact potentiel d’une sous-performance en termes de :

  • Consommation d’énergie supplémentaire
  • Coûts d’exploitation supplémentaires
  • Émissions de CO2 supplémentaires.

2) Simuler différents taux de sous-performance afin d’évaluer l’impact sur 1 an, 10 ans et 15 ans (cycle de vie complet).

Méthode

À l’aide d’un logiciel de simulation, l’impact de dispositifs de rejet de chaleur sous-performants a été calculé à partir de deux configurations techniques typiques dans un supermarché :

  • Système 1 : installation transcritique au CO2
  • Système 2 : installation HFC à température moyenne (MT) et basse température (LT)

Les deux systèmes ont été soumis à une série de simulations selon les paramètres suivants :

Dimensionnement du système :

  • Température moyenne (MT) : Teva = -8 °C ; Qeva = 180 kW

    • 112 kW provenant des armoires — 62 %
    • 68 kW provenant des chambres froides — 38 %
  • Basse température (LT) : Teva = -30 °C ; Qeva = 50 kW
    • 23 kW provenant des armoires — 46 %
    • 27 kW provenant des chambres froides — 54 %

Référence : écart de température au point d’approche de +2 K (sortie condenseur/refroidisseur de gaz – ambiance)

Profil climatique [1] : Munich (DE)

Typologie du groupe : surpresseur au CO2 et R448a

Facteur d’émission [2] : 338 gCO2/kWh — moyenne 2020-2023

Coût de l’électricité : 0,18 €/kWh

 

Figure 1 : Température maximale annuelle par jour

Sources : [1] et [2]

Étude de cas n°1 : installation transcritique au CO2

Dans ce système, le rejet de chaleur est assuré par un refroidisseur de gaz CO2. Dans l’étude du livre blanc, ces refroidisseurs ont été testés dans cinq conditions de marché différentes, montrant les écarts les plus importants dans les conditions 3 et 4.

Tableau 1 : Écarts entre la capacité de rejet de chaleur déclarée et mesurée

Conditions de fonctionnement Refroidisseur de gaz 1 Refroidisseur de gaz 2
Condition 1 (SC20) 8% 8%
Condition 2 -33% -37%
Condition 3 -39% -41%
Condition 4 -50% -53%
Condition 5 (SC25 – condenseur) -32% -23%

Le signe « - » indique une sous‑performance.

Pour cette étude, la performance est évaluée selon les conditions du tableau 2, basées sur la sous‑performance moyenne issue du livre blanc.

La sous-performance est exprimée via une augmentation du delta T dans les simulations. Cela traduit la perte de capacité par une moindre variation de température dans le refroidisseur, entraînant une température de sortie plus élevée, une pression haute accrue, une consommation d’énergie du compresseur plus élevée et un rendement global en baisse.

Tableau 2 : Sous‑performance selon chaque condition

Conditions de fonctionnement Écart moyen Augmentation du delta T
Condition 3 -40% +2 K (34 °C au lieu de 32 °C)
Condition 4 -51,5% +2,6 K (34,6 °C au lieu de 32 °C)
Condition 5 (sous‑critique) -32% +3,5 K (18,5 °C au lieu de 15 °C)

Le refroidisseur de gaz fonctionne comme condenseur lorsque T ambiant ≤ 18 °C et en mode transcritique lorsque T ambiant > 18 °C.

Résultats

Les performances ont été simulées pour les conditions 3 et 4, en tenant compte de la sous‑performance en mode sous‑critique (condition 5). Les simulations portent sur 1 an, 10 ans et 15 ans.

Tableau 3 : Sous‑performance CO2 – conditions 3 & 5

Conditions 3 & 5 1 an 10 ans 15 ans
Différence [%] +11,5% +11,5% +11,5%
Énergie suppl. [kWh] 43 586 435 864 653 795
Coût suppl. [€] 7 846 78 455 117 683
Émissions CO₂ [t] 14,7 147,3 221

 

Tableau 4 : Sous‑performance CO2 – conditions 4 & 5

Conditions 4 & 5 1 an 10 ans 15 ans
Différence [%] +11,6% +11,6% +11,6%
Énergie suppl. [kWh] 43 935 439 354 659 031
Coût suppl. [€] 7 908 79 084 118 625
Émissions CO₂ [t] 14,9 148,5 222,8

Étude de cas n°2 : installation HFC

Dans cette étude, le rejet de chaleur est assuré par un condenseur HFC utilisant le réfrigérant R448a avec une sous‑performance de 32 % (basée sur une étude antérieure). Cela entraîne une pénalisation de +3,5 K sur la température de sortie du condenseur, supposée constante toute l’année dans cette simulation.

Résultats

Tableau 5 : Sous‑performance d’une installation HFC

  1 an 10 ans 15 ans
Différence [%] +11,7% +11,7% +11,7%
Énergie suppl. [kWh] 43 360 433 603 650 404
Coût suppl. [€] 7 805 78 048 117 073
Émissions CO₂ [t] 14,7 146,6 219,8

Tant pour les systèmes HFC que CO2, l’inefficacité des composants de rejet de chaleur entraîne plus de 43 000 kWh d’énergie supplémentaire consommée par an, soit plus de 7 800 €, et au moins 14,7 tonnes de CO2 d’émissions supplémentaires.

 

Figure 2 : comparaison des émissions supplémentaires de CO₂ entre une installation HFC et CO₂ sous‑performantes

 

Mesure de différents taux de sous‑performance

Afin d’élargir l’analyse, plusieurs scénarios ont été simulés pour comparer différents niveaux de sous‑performance.

Cas S1 : CO2, pénalité -10 % → +0,5 K transcritique / +2,5 K sous‑critique

Cas S2 : CO2, pénalité -20 % → +1 K transcritique / +3 K sous‑critique

Cas S3 : CO2, pénalité -30 % → +1,5 K transcritique / +3,5 K sous‑critique

Cas S4 : R448a, pénalité -10 % → +2,5 K toute l’année

Cas S5 : R448a, pénalité -20 % → +3 K toute l’année

Cas S6 : R448a, pénalité -30 % → +3,5 K toute l’année

Les performances ont été évaluées sur 1 an, 10 ans et 15 ans.

 

Figure 3 : Différence en pourcentage par rapport à la référence

Tableau 6 : Sous‑performance sur 1 an

1 an S1 S2 S3 S4 S5 S6
Différence [%] +8,1% +9,8% +11,4% +8,5% +10,1% +11,7%
Énergie suppl. [kWh] 29 776 36 448 43 301 30 214 36 707 43 360
Coût suppl. [€] 5 360 6 561 7 794 5 438 6 607 7 805
Émissions CO₂ [t] 10,1 12,3 14,6 10,2 12,4 14,7

 

Tableau 7 : Sous‑performance sur 10 ans

10 ans S1 S2 S3 S4 S5 S6
Différence [%] +8,1% +9,8% +11,4% +8,5% +10,1% +11,7%
Énergie suppl. [kWh] 297 760 364 479 433 009 302 138 367 071 433 603
Coût suppl. [€] 53 597 65 606 77 942 54 385 66 073 78 048
Émissions CO₂ [t] 100,6 123,2 146,4 102,1 124,1 146,6

 

Tableau 8 : Sous‑performance sur 15 ans

15 ans S1 S2 S3 S4 S5 S6
Différence [%] +8,1% +9,8% +11,4% +8,5% +10,1% +11,7%
Énergie suppl. [kWh] 446 640 546 719 649 514 453 207 550 607 650 404
Coût suppl. [€] 80 395 98 409 116 912 81 577 99 109 117 073
Émissions CO₂ [t] 151 184,8 219,5 153,2 186,1 219,8

 

Figure 4 : Émissions de CO₂ supplémentaires

Les résultats montrent que même une légère sous‑performance peut avoir un impact significatif sur tout le cycle de vie d’un produit.

Conclusion

Eurovent Certification a pu évaluer les conséquences potentielles d’une sous‑performance des équipements de rejet de chaleur pour des systèmes au CO2 et au HFC. Sur un cycle de vie de 15 ans, ces équipements sous‑performants pourraient :

  • Consommer au moins 650 000 kWh d’énergie supplémentaire
  • Générer plus de 117 000 € de coûts d’exploitation additionnels
  • Produire plus de 219 tonnes de CO2 évitables

Et cela sans compter les effets potentiels sur la fiabilité et la longévité du système. L’analyse révèle que la sous‑performance dépasse le cadre de l’équipement isolé : elle peut impacter l’ensemble du système frigorifique.

Pour en savoir plus, téléchargez le livre blanc : « Au-delà de la brochure : révéler la réalité de la sous-performance des produits de réfrigération ».

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